TOP 10 DES ARRIVÉES : QUEL FINISHER DE TRAIL RUNNING ÊTES-VOUS ?

Top 10 des arrivées : quel finisher de trail running êtes-vous ?

Qu’on ait hâte de la franchir ou non, la ligne d’arrivée est toujours, et à bien des égards, un grand moment. Et parce que cet instant se vit différemment d’un finisher à l’autre, nous avons regroupé 10 de nos arrivées préférées, vécues par 10 de nos traileurs et traileuses adorés !

 

On pourrait croire (comme ça, sur un malentendu) qu’après de nombreux, voire très nombreux, kilomètres parcourus, le passage sous l’arche d’arrivée n’est pas si significatif que cela. C’est vrai, pourquoi en faire tout un plat ? Les mauvaises langues pourraient même lancer “nous, on croyait que ce que vous aimiez tant dans le trail, c’est l’aventure elle-même ! Pas un moment si… public”. Celles-ci auraient alors raison sur un point : le moment est public, quoique, tout dépend de l’heure à laquelle nous bouclons notre course. En revanche, si le trail s’apprécie tout autant du départ à l’arrivée, la finish line est différente en ce qu’elle clôture notre aventure alors que, parfois, nous doutions même d’y parvenir. Imaginez-vous vivre une expérience si forte, si intense, et si désirée, qu’en en voyant (enfin) le bout, c’est un flot d’émotions aussi diverses qu’incompréhensibles qui vous envahit. C’est indescriptible. Indescriptible, parce qu’il faut le vivre pour le comprendre, et aussi parce qu’il existe autant de manières de terminer une course qu’il existe de traileurs et de traileuses.

Heureusement, et pour votre plus grand bonheur (enfin, on l’espère !), au fil des arrivées, nous avons repéré 10 finishers particulièrement attachants… Parmi lesquels vous figurez peut-être. Lisez, et vous saurez :) !

1. L’INCOMPRIS·E

Plus l’arrivée approche, plus l’incompris·e découvre que, finalement, chacun·e possède sa propre manière d’évaluer la distance. Et ça, c’est moche ! En dix secondes, les propos du public passent aussi bien du “il reste 600 mètres” à “allez, plus qu’un seul kilomètre”. Le commun des mortels se demandera d’ailleurs “pourquoi chipoter pour si peu ? 600 mètres ou un kilomètre, c’est du pareil au même !”. Oui, mais non. 400 mètres de plus ou de moins, c’est beaucoup… Surtout lorsqu’on croit qu’on a fini ! L’incompris·e (voyant ses espoirs de rallier la ligne d’arrivée grandir, puis être réduits à néant la seconde suivante) optera donc pour la marche. Le public, ébahi face à ce geste de rébellion sans nom, s’insurgera “courage, il faut courir ! C’est bientôt fini, encore 800 mètres !”. Ce que le public sait à ce moment-là, mais qu’il prétend pourtant ne pas savoir, c’est que l’incompris·e a déjà couru de longues heures pour parvenir jusqu’ici. “Mais justement, 2 kilomètres en plus, ce n’est rien du tout !” (vous noterez la surenchère, sans queue ni tête, au fil de la distance parcourue). Bref, le propre de l’incompris·e est d’être incompris·e, alors laissons le public à son incompréhension, et l’incompris·e à son pire cauchemar devenu réalité : avancer (il paraît d’ailleurs qu’il·elle y est encore) tout en voyant la ligne d’arrivée reculer.

2. LE·LA ROMANTIQUE

Le·la romantique ose tout et ne se refuse rien. Et encore… Vous ne l’avez pas vu·e lorsqu’il·elle fait du trail ! Galvanisé·e par l’énergie que lui procure l’arrivée, vous le·la verrez brandir une pancarte “veux-tu m’épouser ? <3”, devant un public déchaîné. Vous le·la verrez aussi s’agenouiller devant les ganivelles, face à son âme sœur (qui hésite entre lui sauter au cou et prendre ses jambes à son cou). Vous le·la verrez, bave au coin de la bouche, t-shirt maculé de sueur (sans parler de l’odeur), et jambes tachetées de boue, attendre béat·e la réponse (positive) de son·sa promis·e.

Ce tableau, aussi touchant soit-il, peut néanmoins interroger… Pourquoi diable, est-ce au moment où son sex-appeal se trouve à des années-lumière que le·la romantique juge nécessaire d’effectuer THE demande, qui plus est en public ? Et bien, figurez-vous que le·la romantique vient de boucler un trail, par conséquent, plus rien de lui semble impossible. Dans l’effort, il·elle s’est montré·e dans sa vulnérabilité comme dans sa force la plus profonde, ça suffit amplement à lui passer la bague au doigt, non ? Bon, ok, ça fait aussi une belle anecdote à raconter (et, accessoirement, ça divertit les supporters dont le·la traileur·euse n’est pas prêt·e d’arriver).

3. LE BON PAPA/LA BONNE MAMAN

Qui n’a jamais été attendri·e par un parent franchissant l’arche d’arrivée avec un enfant à chaque main, et un autre sur les épaules (bah oui, pourquoi pas ?) ? Franchement, qui ? Non, parce que c’est trop mignon ! Il y a d’abord le papa ou la maman, fier·ère comme un coq de partager ce moment (magique de base) avec eux. Et il y a les enfants, fiers de voir leur parent acclamé tel un héros, et eux aussi, par la même occasion ! Bien sûr, cette expérience n’est rendue possible qu’à condition que le parent en question ne soit pas en plein sprint pour intégrer un top 10, ni en train de s’essayer à battre un record… Dans ce cas, mieux vaut que les bambins soient entraînés pour tenir la cadence, sinon, bonjour l’ambiance dans la voiture au retour à la maison !

Pour celles et ceux qui n’auraient pas encore d’enfants, ou qui en voudraient, mais juste pour passer la ligne d’arrivée, vous pouvez tenter d’en emprunter. Généralement, les parents ne rechignent pas à les refourguer (mais n'oubliez pas de leur demander avant), et les enfants sont ravis de jouer les vedettes !

4. LES DEUX BAVARDS

Oui, le·la bavarde est rarement seul·e, et parce qu’il·elle a le chic pour rencontrer l’autre bavard·e, cela donne, “les deux bavards”. S'ils ne sont pas venus ensemble, les deux bavards font généralement connaissance en pleine course et ne se quittent plus jusqu’à l’arrivée. Mais quand vient celle-ci, alors que leur souffle leur est complètement rendu, et après avoir franchi la finish line main dans la main (bon, ça, c’est évident), les deux bavards peuvent s’adonner pleinement à ce qu’ils aiment par-dessus tout : parler. Ensemble, les deux bavards débriefent leur course, font leurs petits commentaires sur le parcours et l’organisation. “D’ailleurs, tu as vu : au ravito du Bois Michelet, c’était Francis qui servait à boire !”. “Bah oui, tiens, c’est vrai ! Il est toujours fidèle au poste”. Et ça s’éternise. Ah oui, nous ne vous avons pas précisé qu’au moment où on vous parle, les deux bavards se trouvent toujours sur la ligne d’arrivée (ne leur demandez pas de parler en marchant, ils viennent déjà de le faire en courant). Les bénévoles ont beau les inviter à avancer, et leurs proches (grelottants) commencer à leur faire les gros yeux, rien ne pourrait décoller les deux bavards de la ligne d’arrivée.

5. LA STAR DU JOUR

Une arrivée en trail, c’est un peu comme faire son entrée sur le tapis rouge : le public vous acclame et les flashs des photographes vous inondent dans un bain de lumière. Vous pensez que nous exagérons ? En réalité, nous minimisons la chose. Visualisez l’arche d’arrivée face à vous : un long boulevard s’ouvre devant vous. Le long des ganivelles, le public vous applaudit, et les enfants vous tendent leurs petites mains afin que vous veniez taper* dedans. Le speaker, en point de mire, scande votre prénom dans son micro. Lorsque vous arrivez à sa hauteur, voilà que lui aussi veut vous donner une tape amicale*. Les bénévoles, eux, vous font la plus belle (voire l’unique) ola de votre vie. Bref, être finisher d’un trail, c’est comme être la huitième merveille du monde. Oui, vous ne rêvez pas : votre heure de gloire est arrivée… EN-FIN ! Non, on plaisante. Si toute cette euphorie autour de vous vous flatte et vous amuse, vous préférez largement l’anonymat que vous avez auprès des sapins en forêt. Et que les plus timides se rassurent : les projecteurs passent aisément d’un finisher au suivant… À moins que le speaker n’ait trouvé que vous ayez une bonne tête et ne décide de vous interviewer !

 

*Chose désormais impossible, distanciation sociale y oblige.

6. L’ACROBATE

L’acrobate, c’est ce·tte traileur·euse qui se prend au spectacle de l’arrivée. L’acrobate, donc, au moment de franchir la ligne d’arrivée, effectue un saut de chat, un entrechat, un chat perché (ah, non, pas ça)... Bref, tous les sauts (plus ou moins gracieux) qui lui viennent en tête et auxquels ses jambes acceptent de s’adonner, l’acrobate les réalise ! Pourquoi autant d’engouement, nous direz-vous ? Tout simplement afin que le photographe qui se trouve face à lui·elle puisse capturer la magie de l’instant… Et que l’acrobate récolte la photo de profil la plus stylée de son réseau !

Ces impressionnantes acrobaties (enfin, tout est relatif, ne vous attendez pas non plus à assister à un ballet), peuvent néanmoins interpeller les personnes non-averties, “l’acrobate risque quand même de se faire mal après autant d’heures d’effort !”. Alors oui, ce n’est pas faux. Seulement, si vous avez l’occasion de suivre l’acrobate tout au long de sa course, vous remarquerez qu’il·elle est parfaitement entraîné·e à l’exercice : il·elle saute et tressaute à chaque fois qu’il·elle aperçoit un photographe sur le parcours (même planqué dans la broussaille). Une dernière chose : l’acrobate aime allier le faciès à l’action. Aussi, et pour une raison encore inconnue, il·elle a tendance à tirer la langue à chacun de ses sauts… Charmant tableau, on vous l’accorde.

7. L’ÉCORCHÉ·E

Vous aurez certainement remarqué cette ambulance, constamment située à proximité de la ligne d’arrivée. En effet, il peut arriver qu’un finisher (ou deux) soit victime d’une petite baisse de tension, la faute à un sprint fougueux pour intégrer le top 100. Cependant, l’ambulance est davantage visitée par l’écorché·e. Le·la pauvre a beau courir depuis 15 ans, ses pieds, eux, ne semblent toujours pas s’être faits une raison. À chaque trail, c’est le même refrain : des ampoules, en veux-tu ? En voilà ! Enfin, nous appelons cela des ampoules, mais parfois (non, souvent, en fait), celles-ci sont plus proches d’une lampe. Oui, carrément. Alors que ces déformations cutanées gorgées d’eau et pas du tout uniformes (oups, désolé·es, on aurait peut-être dû vous prévenir) feraient souffrir le martyre n’importe quel être humain, pour l’écorché·e, ce ne sont que de vulgaires petits bobos. “C’est le métier qui rentre”, vous dirait-il. Mais bon, comme il faut bien les soigner, ces bobos, l’écorché·e a dû s’habituer à l’aiguille pompeuse (un joyau de la médecine, qu’on se le dise) à chaque arrivée !

8. LE·LA PREMIER·ÈRE

Aussi connu·e sous le nom de celui·celle-que-vous-ne-verrez-jamais*. Heureusement, vous pourrez retrouver l’intégralité de son récit de course et une photographie de son arrivée triomphale aux pages Sport de votre quotidien préféré, lundi matin à la première heure ! Oui, parce qu’étant loin derrière lui·elle, vous n’avez (et nous non plus, d’ailleurs) absolument aucune idée d’à quoi peut bien ressembler son arrivée en question.


*Bon, on l’avoue, nous sommes de mauvaise foi. En réalité, vous l’avez aperçu·e deux fois : vous avez deviné le sommet de son crâne (un crâne de champion·ne, il va sans dire) lorsqu’il·elle a effectué deux sauts en l’air pour se réchauffer sur la ligne de départ.

9. LE·LA DERNIER·ÈRE

Le·la dernier·ère, c’est LA personne la plus attendue. Non pas parce que tout le monde souhaite rentrer chez soi, mais parce qu’il s’agit ici de LA personne, en chair et en os, qui est le mieux parvenue à jongler avec les barrières horaires. Si beaucoup de traileurs et de traileuses (et de sportif·ves en général), craignent d’arriver un jour dernier·ère, chacun·e d’entre eux·elles admire pourtant le·la dernier·ère à sa juste valeur. Le·la dernier·ère s’affranchit de tous les préjugés et fait preuve d’une grande tolérance envers lui·elle-même. Peut-on tous et toutes en dire de même ? Certainement pas ! Le·la dernier·ère est également celui·celle qui a effectué le plus grand nombre d’heures d’effort, chose à laquelle rechignent la plupart des gens. Et pour cause, alors que certains et certaines préfèrent abandonner plutôt que terminer une course en queue de peloton et mettre davantage de temps à accomplir leur ouvrage, le·la dernier·ère, lui·elle, s’accroche… Coûte que coûte. Ainsi, vous comprendrez aisément pourquoi, à l’arrivée comme au cœur de sa course, le·la dernier·ère est le plus acclamé·e… Et pourquoi il·elle le mérite, amplement !

10. L’AMNÉSIQUE

Nous, traileurs et traileuses, sommes amnésiques par nature, et ce, sans exception. Qui, dans l’effort, ne s’est jamais juré·e de ne plus jamais s’aligner sur une course ? “C’est la dernière” ! Mon œil. Et qui, en passant l’arche d’arrivée, s’imaginait déjà s’inscrire à un prochain défi ? C’est Bibi. Il faut dire que cette arche en question semble posséder d’incroyables pouvoirs. La preuve, quand on la sait à proximité, on se dit que le calvaire est (enfin) presque terminé. Puis, en l'apercevant, on ne pense plus qu’à la joie qui nous envahit. Enfin, après l’avoir franchie, nous n’avons qu’une seule envie : recommencer… À croire que cette arche est en fait un passage magique ayant le pouvoir de nous faire oublier les moments difficiles, et ne retenir que le positif. En effet, il y a fort à parier que sur la course suivante, nous nous demandions de nouveau dans quelle “galère” nous nous sommes fourré·es… Jusqu’à franchir la ligne d’arrivée, et y revenir, encore et toujours. Oui, nous sommes tous et toutes pareil·les : d’incorrigibles sportif·ves, amnésiques à souhait ! Et c’est précisément à cela que nous devons notre audace et notre progression. Décidément, si le trail nous donne des ailes, les arrivées, elles, leur soufflent en plein dedans…

CONCLUSION

Les arrivées en trail représentent donc bien plus qu’une gloire furtive et de simples levés de bras. Une arrivée en trail, c’est un peu comme le dénouement final d’un bon bouquin : nous voulons à tout prix le connaître, et pourtant, une fois que c’est fait, nous en devenons presque nostalgiques… Et ce, malgré le fait que les péripéties et aventures vécues y trouvent un sens. 

Mais rassurons-nous, si l’arrivée signe la fin d’une course, elle en signe également le début d’une autre #youpi ! Oui, parce qu’on ne se lasse pas des arrivées, tout comme on ne se lasse pas de celles et ceux qui les franchissent. 

 

D’ailleurs, dites-nous, quel finisher êtes-vous ?

signature-juliette

manon barré

MANON - Fille, sœur, et compagne de cyclistes. Traileuse* élevée en plein air, à l'école du sport. Particule ultra* en cours d'acquisition. Marathonienne et championne de France Junior 2013 du 10 000 mètres marche athlétique. Mordue d'histoires de sportif·ves.