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L’épreuve d’effort : mesurer la réponse du cœur à l’exercice physique

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A certaines périodes de la vie du coureur (début d’activité sur recommandation médicale, reprise après maladie ou blessure, préparation d’un objectif important), il peut être utile de mesurer sur l’organisme des paramètres précis engendrés par l’exercice physique, autrement dit : comment le corps répond à l’effort. Les épreuves d’effort permettent d’effectuer ces mesures et peuvent s’adapter en fonction du sportif ou du sport pratiqué.

 

Qu’est-ce qu’une épreuve d’effort ?

Les épreuves d’effort sont des examens médicaux réalisés dans le cadre de suivis de patients en convalescence et ayant pour objectif principal de suivre l’évolution du rythme cardiaque au cours de l’exercice. On parle d’électrocardiogramme, ou ECG. Ces épreuves sont donc très standardisées afin que le corps médical puisse comparer les résultats entre patients ou entre différents tests et ainsi assurer un suivi optimal.

Ces épreuves peuvent également être réalisées par des personnes en parfaite santé : les sportifs. Des sportifs professionnels par exemple, mais aussi des sportifs amateurs qui s’engageraient sur une épreuve particulièrement intense en termes d’effort ou de durée. Pratiqués dans des cabinets médicaux spécialisés ou en milieu hospitalier, ces épreuves d’effort se font la plupart du temps sur prescription médicale et sont bien souvent coûteuses.

Plus simple à mettre en oeuvre : le sportif peut se tourner vers des tests d’effort réalisés sur le terrain. S’ils ne permettent pas une analyse aussi poussée et détaillée, ils ont comme avantage d’être nettement plus accessibles et peuvent donc être planifiés et utilisés bien plus souvent dans le cadre d’un suivi d’entraînement.

 

Quand et où réaliser une épreuve d’effort ?

Pour les patients nécessitant une épreuve d’effort dans le cadre d’une reprise d’activité notamment, c’est le corps médical qui sera décideur.

Pour les sportifs ayant besoin d’une évaluation précise de leurs fonctions cardio-respiratoires en vue d’un gros objectif, l’épreuve d’effort se fera bien en amont de la compétition. Elle a généralement lieu au moment de l’inscription à la course et parfois à la demande de l’organisateur.

Ces épreuves d’effort nécessitent un matériel médical pointu et sont donc réalisées en hôpital ou dans des cabinets spécialisés en médecine du sport, un simple rendez-vous de 2 à 3 heures peut suffir.

Les tests de terrain, en revanche, peuvent être réalisés directement sur le lieu de pratique de l’athlète et répétés plus souvent au cours de sa préparation. Ils serviront donc de point de départ pour fixer les allures de travail en début de plan d’entraînement et pourront être utilisés tout au long de la préparation pour (ré-)orienter le travail, en adéquation avec les objectifs fixés.

 

Comment se déroule une épreuve d’effort ?

En hôpital, les épreuves se déroulent principalement sur deux types d’appareils : un tapis de course ou un cyclo-ergomètre (ou vélo d’appartement). Ces 2 appareils permettent de mener l’activité physique nécessaire à l’évaluation des capacités cardio-respiratoires. Ces épreuves sont dites “progressives” car l’intensité de l’exercice augmente progressivement. Les durées et intensités de paliers sont définies préalablement et indiquées au patient. Ces épreuves sont suivies en permanence par un médecin et/ou un cardiologue afin de pouvoir suivre l’évolution du test et assister le patient en cas de complication mineure pendant l’effort.

Pour les coureurs effectuant des tests de terrain, le meilleur endroit pour les réaliser est une piste d’athlétisme. Si vous avez à disposition une route ou un chemin avec un bon revêtement, vous pouvez aller le baliser et en faire votre terrain de jeu pour vos tests. Pour les traileurs, le test peut se dérouler sur une pente régulière et suffisamment longue si vous souhaitez évaluer vos qualités ascensionnelles.

Ces tests de terrain peuvent être de 2 types : “progressifs” ou “de soutien”, les tests de soutien étant moins souvent réalisés. Dans le premier cas, l’allure de course augmente progressivement et le but est de trouver les valeurs maximales (Vitesse Maximale Aérobie ou VMA) et les valeurs de seuil du coureur. Ces valeurs de seuil correspondent aux allures de course que vous serez capable de maintenir pendant 20 à 90 minutes, selon votre niveau d’entraînement (soit des distances de course allant du 5 km au semi-marathon). Dans le second cas, le but est de vérifier que le test progressif a été bien mené et que les valeurs mesurées (VMA) ou estimées (seuil) sont correctes. Il s’agit donc de proposer au coureur de soutenir le plus longtemps possible une allure fixe définie suite au test progressif. Les 2 tests progressifs les plus connus sont le test “Léger-Boucher” (du nom de ses inventeurs) ou le test “VAMEVAL” de Cazorla.

Qu’elle soit réalisée en centre spécialisé ou en conditions de terrain, l’épreuve d’effort nécessite de la part du coureur un engagement total en fin d’exercice pour s’assurer que les valeurs mesurées sont bien les valeurs maximales que l’on peut atteindre.

 

Que vous soyez débutant en course à pied ou runner aguerri, l’épreuve d’effort se relève utile pour faire le point sur vos capacités cardio-respiratoires et adapter votre entraînement en conséquence. Quoiqu’il en soit, respectez votre corps et votre rythme pour garder le plaisir de courir !

Sébastien, Responsable de Rayon à Decathlon Beauvais
Cet article a été rédigé par Sébastien, coureur de trail moyenne et longue distance
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Commentaires

tres bien votre analyse et commentaire; j'ai deja fait un test medical j'aimerais faire un test de terrain. j'ai 70 ans et je courre depuis l'age de 40 ans


Très interessant. Un complément d'informations scientiques, médicales, sur la réaction du corps sur le Test à l'effort, sa description, et l'interprétation des résultats pour savoir comment les utiliser aurait été interessant.

Vous auriez aussi pu faire le lien avec l'intérêt de disposer d'une cardio-fréquencemètre pour adapter ses efforts en situation de course.

J'utilise depuis quelques temps un Suunto Ambit 3 Peak, et c'est vraiment parfait pour gérer les efforts surtout lors de la reprise d'une activité.

Bonne continuation,


En lisant l'article, je ne sais toujours pas ce qu'est un test d'effort à faire sur le terrain !


conseil super bien detaille etbien explique


On vient de me placer un stent aprés un infarctus...les tests d'effort en milieu médical et après 20 séances de réadaptation tout semble aller.

Cependant je n'ai pas repris mes entraînements et j'attends que les 6 mois passent.

J'ai 77 ans et j'ai couru assez régulièrement jusqu'à cet ennui cardiaque.

On me déconseille les compétitions ; mais jusqu'à 20km (entraînement)cela pourrait aller selon le cardioloque.

A voir


Très instructif ! Merci


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