etre marathonien

Faut-il faire un marathon pour être un "vrai" runner ?

La distance 42,195km attire de plus en plus de coureurs (pas toujours correctement entraînés). Il est certes logique de vouloir devenir marathonien au terme d’un itinéraire sportif équilibré. Attention toutefois de ne pas tenter l’aventure pour de mauvaises raisons…
 

Courir toujours plus loin ?

L’époque semble lointaine où la pratique du running s’articulait d’abord autour de la notion de simple loisir sportif. Il n’était alors question que de se faire du bien en déclinant des footings plus ou moins soutenus. La participation à des compétitions de grande endurance étant réservée à une élite et/ou à des esprits curieux.

En l’espace de deux décennies cependant, le décor a changé. Un nombre sans cesse croissant de coureurs aspire à vivre l’aventure 42,195km. Et pas toujours pour des raisons strictement liées à un désir de dépassement de soi. La pression sociale voire familiale – le désir de faire comme le collègue de bureau ou le beau-frère – peut parfois jouer de vilains tours. Surtout lorsque le seul fait de boucler un marathon se double d’objectifs chronométriques pas toujours cohérents.

Faut-il donc courir toujours plus loin et de plus en plus vite ? A chacun de répondre en conscience. Mais – attention ! – la distance 42,195km reste un Everest à aborder avec précaution. Et une vie de « runner » peut s’épanouir autour de projets (en apparence moins ambitieux) répondant davantage à certaines sensibilités.

 

Les conditions à remplir avant d’envisager courir 42,195km

A conserver à l’esprit en toutes circonstances : on ne devient pas marathonien du jour au lendemain. Deux ans d’une pratique sportive régulière – organisée autour de trois séances de running hebdomadaires – permettent de bâtir un socle solide. Quelques conseils :

. Il est important pour ne pas dire indispensable de participer à plusieurs reprises à des 10km et des semi-marathons avant de valider l’inscription à un marathon. Ces expériences de running en compétition, sur des distances moins exigeantes, ont pour mission de donner des points de repères. Etiquette du running en peloton, technique appropriée de ravitaillement (et jusqu’au type de gels d’effort consommés), respect d’une allure travaillée à l’entraînement : autant de points importants dans la perspective d’un 42,195km.

 

. Il est tout aussi important de savoir identifier, en amont d’une préparation marathon, le plan d’entraînement correspondant à son niveau et à son objectif. Et évidemment de vérifier que l’on est capable de le suivre sans que cela ne compromette l’équilibre familial ou professionnel.

 

Non, ce n’est pas une obligation !

A chacun de décider en conscience si la participation à un marathon fait sens. Le fait de se mesurer à la distance mythique du running sur route, qu’il s’agisse du premier ou du cinquantième, n’est jamais anodin. C’est bien l’aboutissement d’un cheminement personnel sportif mais aussi spirituel dont il s’agit. C’est toute la grandeur de cet effort de réunir sur une distance identique des femmes et des hommes sans distinction d’âge ou de niveau.

Où l’on repose la question de départ : faut-il boucler un marathon pour être un « vrai runner » ? Attention, à nouveau, de ne pas se tromper de cible. La proportion d’athlètes amateurs s’attaquant aux 42,195km reste dérisoire par rapport à la communauté running. A peine plus de 100 000 marathoniens en France chaque année sur dix millions de pratiquants. Alors, non, il n’est pas nécessaire d’en passer par cet effort majuscule pour se dire et plus encore se sentir membre à part entière de la grande famille du peuple qui court !

 

Faut-il boucler l’UTMB pour être (ou s’envisager comme) un vrai trailer ? Evidemment non ! A chacune et chacun, en fonction de sa sensibilité, de vivre son parcours de coureur sans se sentir contraint d’en passer par certaines épreuves ou distances telles que le marathon.

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