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ET SI ON SE RAPPELAIT POURQUOI ON AIME COURIR ?

Les propos exprimés dans cet article sont à mettre en application dans le respect des consignes délivrées par le gouvernement.

“Moi, je cours juste pour le plaisir” est la devise du coureur. Il faut dire que si ce n’est pas pour le plaisir, pourquoi donc s’évertuer à courir ? Oui, mais voilà, toutes les fois où vous prononciez cette phrase, on peut dire que vous aviez un certain manque de perspective. Chose qui n’est plus vraie à l’instant où vous lisez ces lignes. À l’image du petit enfant privé de dessert que vous étiez, vous voilà désormais athlète privé·e de course. En toute honnêteté, vous criez famine. Les courses, c’est votre kryptonite, votre talon d’Achille, ces yeux doux auxquels vous ne dites jamais non. Vous y succombez, toujours. Mais rappelez-vous qu’avant de prendre part à des courses, vous aimiez courir. Tout simplement. Au sens premier, strict, et pur du terme. Le mot courir dans son plus simple appareil. Juste courir, sans chichis et sans prises de tête. Les choses ont-elles vraiment changé ? Plutôt que de laisser votre enthousiasme décadent prendre le dessus, que diriez-vous de vous souvenir pourquoi vous aimez courir ? 

RETOUR AUX PREMIERS AMOURS

Le coureur privé de courses, ou le prisonnier des temps modernes. Vraiment ? C’est un peu tiré par les cheveux (#ToujoursPlus). À peine. Pourquoi ? Comment ? Vous qui avez été forgé·e par de nombreuses heures d’entraînement. Vous qui avez survécu aux froides nuits montagnardes passées à gambader sur les sentiers. Vous, dont on conte la bravoure du mental par-delà les frontières. Mais vous, qui aviez toujours en tête un objectif, une course, une ligne d’arrivée. Vous voilà aujourd’hui déboussolé·e, dépouillé·e de courses, dénué·e de motivation. En un mot : dépité·e. Non mais oh ! Ce n’est quand même pas parce que la carotte disparaît, que la patate, la pêche, et la banane doivent aussi vous fausser compagnie. Ça serait le pompon ! Vous êtes bien plus fort·e que ça. Et quoi de mieux, pour lutter contre vos appréhensions présentes, que de vous rappeler vos amours passés ?

En parlant d’amour, il faut dire ce qui est : vous et le trail, c’est un duo de chic et de choc ! Vous formez LA paire, vous matchez, vous êtes une équipe qui gagne. Un vrai couple, quoi ! Justement, à propos de couple, vous savez ce qu’on dit, “la passion s’entretient”. Rien de bien original… Jusqu’à ce que vous mettiez ces mots en application. 

Ce qui fait vivre et vibrer le couple, c’est son noyau, son cœur, sa passion. D’ailleurs, toutes celles et ceux qui ont vécu un burn-out sportif vous le diront : le sport ne doit jamais être accompli au mépris de la passion. La passion nous guide, c’est elle qu’il faut écouter, pas l’appel des convenances sociales. Comprenez : courez parce que vous aimez ça, en compétition ou non, mais jamais en méprisant votre passion. Vous ne souhaitez pas courir en compétition ? La passion ne se force pas. Vous ne trouvez plus de sens à votre pratique sans courses pour vous motiver ? La passion brûle en vous. Consumez-la. Réveillez-la. Concentrez-vous sur elle et appréciez la chance que vous avez de pouvoir la vivre au quotidien.

Voilà, c'était donc la minute conseils matrimoniaux. Mais vous serez sûrement d'accord pour dire que la passion mérite toujours qu'on lui accorde au moins quelques mots. D’ailleurs, quels sont les vôtres ?

VENEZ, ON VA VOUS PRÉSENTER QUELQU'UN DE SUPER !

- " Salut moi, c’est moi ! "  // - " Hey moi, c’est moi, ravie de faire ta connaissance. Depuis le temps qu’on me parle de toi ! ”

Enfin ! Il n’est pas trop tôt. Vous en connaissez du monde, mais alors cette personne, vous n’avez franchement jamais songé à vous y intéresser. Ce qui est fort dommage et regrettable, car elle en vaut vraiment le détour ! Cette personne, c’est vous. Oui, vous avez bien lu, vous avez tout bien compris. On vous demande de vous retrouver en tête-à-tête avec vous-même. Pour une fois, donnez-vous cette chance. Vos compagnons d’entraînement ont beau être géniaux, quand ils sont là, vous n’êtes pas seul·e (#SansBlague). 

Sérieusement, dire que vous redoutez de courir seul·e n’est un secret pour personne. La preuve, si on fouille dans vos archives, on trouve même cette phrase : “tu ne vas pas t’entraîner ce soir ? Bon, moi non plus alors !”. C’est tellement dommage ! Bien sûr, nous ne contestons pas la motivation et la transcendance véhiculées par le groupe, loin de là. Mais interrogez-vous simplement sur ce fait : votre envie de courir doit-elle uniquement reposer sur les disponibilités et les humeurs des uns et des autres ? Et si, pour une fois, vous faisiez quelque chose rien que pour vous ? 

Alors oui, c’est vrai, cela fait bien longtemps que vous avez perdu l’habitude de chausser vos baskets en solo. Vous ne vous souvenez ni du bruit de votre souffle, ni du doux son de votre foulée (et oui, ce n’est pas Nadine qui fait ce bruit quand elle court, c’est vous !). On ne va pas vous le cacher, la première fois, c’est assez perturbant. Vous allez d’ailleurs certainement trouver le temps un peu long, faute de bavardages et autres commérages habituels (#démasqué·e). Mais vous savez quoi ? Ce qui est génial lorsqu’on court seul·e, c’est qu’on prend enfin le temps d’écouter ses pensées (la vaisselle, le boulot, et autres songes sont bien évidemment à bannir). Un jour, vous apprendrez même à faire le vide, autrement dit, à méditer en courant. Cela peut paraître utopique dit ainsi, mais c’est possible, vous verrez ! Être accompagné·e par vous-même est aussi le moment idéal pour vous plonger dans les conditions d’une future course : seul·e au monde, fatigué·e, vous continuez malgré tout d’avancer (et avec le sourire, s’il vous plaît, même s’il n’y a pas de photographes sur vos chemins d’entraînement pour immortaliser votre foulée aérienne). Vous allez également vous découvrir des ressources insoupçonnées. Vous qui pensiez ne pouvoir aller vite que planqué·e dans la foulée de Jérémie, vous douterez soudain : et si, finalement, c’était votre souffle dans son cou qui le faisait gambader de la sorte ? Enfin, vous découvrirez que c’est grâce à ces instants de sport en solitaire que vous appréciez davantage ceux partagés avec les autres. Bref, vous êtes bien plus important·e que vous ne le pensez, et vous n’imaginez pas tout ce que votre seule présence peut vous apporter ! 

Essayez, vous comprendrez.

L’INSTANT PRÉSENT : LE TRUC LE PLUS GÉNIAL ET LE PLUS FACILE À OBTENIR !

Vous vous interrogez sérieusement : “non mais sur quoi je suis tombé·e encore ? Après les conseils matrimoniaux, maintenant le traité de philosophie ? C'était pas censé être un article de trail à la base ?”. Figurez-vous, Madame, Monsieur, que le sport, et le trail en particulier, sont extrêmement propices aux questions existentielles. D’ailleurs, vous vous imagineriez sans courir, vous ? Et toc ! Vous avez désormais matière à réfléchir durant vos insomnies. Retournons à nos moutons (faute de les compter), si l’on vous demande quelle est la finalité du trail, vous répondriez plutôt les courses ou bien courir pour le plaisir ?

À moins d’être contraint·e et forcé·e (quoi que, courir des ultras distances sans envie semble bien compliqué), nous sommes d’accord pour dire que courir pour le plaisir est ce qui nous anime tous·tes ?

Courir pour le plaisir, ce n’est pas la même chose que prendre plaisir à courir POUR se préparer à une course. Il n’est pas question ici d’entraînement cadré, de rigueur, et autres. Concentrons-nous juste sur la sensation de bien-être, l’adrénaline, et les endorphines procurées par le simple fait de courir. Courir pour le plaisir, c’est apprendre à apprécier l’instant présent et de quoi il se nourrit, sans imaginer que vous faites ce que vous êtes en train de faire pour remplir un prochain objectif. On oublie les projections futures, et on se consacre entièrement à ce que l’on vit maintenant. Ainsi, lorsqu’une course est annulée, ou que vous ne pouvez pas y participer pour n’importe quelle raison, vous n’avez pas l’impression que vous l’avez préparée vainement. Vous avez le droit d’être déçu·e, mais pas d’être abattu·e. Bien sûr, on aime passionnément les courses, elles sont l’occasion de nous retrouver et de nous dépasser davantage tout en passant un bon moment. Mais elles ne doivent pas nous guider complètement. Courir pour le plaisir est primordial, même (voire surtout) pour un·e athlète professionnel·le.

Si vous courez avec plaisir et pour le plaisir, cela vous permet de passer des bons moments, et non d’avoir le sentiment d’avoir “perdu” votre temps au cas où votre course n’ait pas lieu. Si vous courez avec plaisir et pour le plaisir, alors la déception de ne pas pouvoir courir une course en particulier n’est pas synonyme de déception d’avoir couru pour préparer cette course. Si vous courez avec plaisir et pour le plaisir, alors vous allez courir sans penser “à quoi bon ? Je n’ai pas de courses, pas d’objectifs”. Certes, mais vous avez quelque chose de bien plus précieux : l’instant présent.

Vous courez avec plaisir et pour le plaisir. Vous courez parce que vous aimez ça. Vous courez pour vous. Ici et maintenant.

RÉAPPRENDRE UN PEU DE TOUT...

#WelcomeBack en enfance, là où vous posiez 100 000 questions à chaque seconde. Et promis, dans ce paragraphe, il n’y a pas de, “c’est pour faire parler les bavards” qui tiennent (le traumatisme est encore palpable). 

Les premières foulées sont au·à la traileur·euse ce que les premiers pas sont au bébé (sauf que le·a premier·ère concerné·e s’en souvient). Les premières foulées, c’est la liberté et l’indépendance à l’état pur. Bon d’accord, si vous voulez chipoter, on l’admet : pas “les premières foulées” à proprement parlé, car celles-ci étaient plutôt synonymes d'essoufflement et de courbatures, mais les suivantes, elles, étaient géniales ! Bref, souvenez-vous combien vous aimiez vous voir progresser, combien vos sorties trail sont devenues indispensables, combien elles vous faisaient du bien ? Et aujourd’hui, alors ? Appréciez-vous toujours autant la chance que vous avez de courir ou bien est-ce devenu une habitude à laquelle vous ne songez même plus ? 

Remettez-vous dans vos baskets d’antan (le terme est peut-être ici mal choisi, vous venez de prendre 100 ans, de rien), retournez à vos prémices, imaginez-vous courir pour la toute première fois. Réapprenez à vous écouter et à vous poser 100 000 questions à chaque seconde. Réapprenez à vous énumérer toutes les raisons qui font que vous aimez courir. Réapprenez à vivre un peu moins vite. Réapprenez à ne pas vouloir enchaîner le plus de courses possible, le plus de kilomètres, le plus d’heures d’entraînement. Réapprenez à apprécier la qualité de la course à pied, du trail. Réapprenez à admirer les paysages qui vous entourent, ceux que vous avez si souvent foulés, ceux qui vous accueillent toujours volontiers (même lorsque vous crachez). Réapprenez à devenir curieux·euse, à chercher de nouveaux parcours. 

Parce que réapprendre un peu de tout, ça ne fait pas de mal. Vous en reprendrez bien encore un peu ? (Là, c’est votre grand-mère qui s’adresse à vous, un plat débordant de frites à la main). 

 

Post-scriptum : Bien sûr que vous en reprendrez. Et pas qu’un peu !

LE MEILLEUR MOYEN DE NOUS SENTIR VIVANT·ES

Ok, on l’avoue. Ce titre sonne un peu mielleux et envolées lyriques incontrôlables, mais c’est vrai ! Ô que c’est vrai ! Combien c’est vrai !

Si on caricature le·a traileur·euse, on a tout de suite en tête les fameux posts sur les réseaux sociaux. C’est à qui fera la plus longue sortie du dimanche (vous aussi vous plaidez coupable ?). En d’autres termes, si on caricature le·a traileur·euse, c’est Narcisse version sac à dos, chaussures de trail, et montre connectée qui apparaît. 

Pourtant, la qualité première du verbe courir n’est pas de flatter notre ego. D’ailleurs, si on y réfléchit bien, la fierté et la satisfaction qui nous emplissent après être allé·e courir se nourrissent certainement de ce sentiment d’avoir fait corps avec la nature, d’avoir été régénéré·e par celle-ci. Le sport nous permet de nous sentir vivant·es à travers les choses les plus brutes, les plus simples, et les plus primaires qui soient, telles que respirer, transpirer, manger, boire, sentir le vent, la pluie, et la chaleur sur notre peau, etc. Ces choses, nous pouvons toutes les expérimenter lorsque nous courons, parce que lorsque nous courons, c’est tout un univers de sensations (décuplées, coucou l’odeur des grillades en plein effort #beurk) qui s’offre à nous. 

Au-delà des sensations physiques, courir amène une grande sérénité d’esprit. Il faut dire qu’une fois qu’on a couru sous la pluie, marcher dans une flaque d’eau ne semble plus si grave. En courant, vous êtes libre d’aller où vous voulez, à la vitesse que vous souhaitez, et avec qui bon vous semble. 

Vous vous souvenez, quand tout à l’heure, nous comparions le coureur privé de courses à un prisonnier des temps modernes. Et bien non ! C’est faux. Nous ne sommes pas prisonnier·ères. Nous sommes libres de nous adonner à notre passion. Nous avons cette chance d’explorer les grands et les moins grands espaces (même ceux qui se trouvent à 20 mètres de chez nous), d’explorer qui nous sommes (même à 20 mètres de chez nous). Nous sommes des explorateur·trices, et quelle meilleure façon de nous sentir vivant·es que celle d’explorer le monde dans lequel et grâce auquel nous vivons ? 

Vivez, explorez, courez !

Vous l’aurez remarqué, cet article est bien différent de ceux que nous vous proposons habituellement. Pourquoi ? Nous avions cette volonté de remettre le simple fait de courir au cœur de nos préoccupations. Il nous semblait important d’honorer ce sport qui nous anime, et de (re)considérer la chance que nous avons de le vivre. N’oublions pas que courir ne doit faire émerger que des choses positives en nous, du pur bonheur. Souvenons-nous-en. Alors, dans nos moments de doutes, comme dans nos moments de certitudes, rappelons-nous pourquoi nous aimons courir. Ça fait du bien. D’ailleurs, nous sommes curieux·euses, dites-nous, vous, pourquoi vous aimez courir ?
manon

Fille, sœur, et compagne de cyclistes. Traileuse* élevée en plein air, à l'école du sport. Particule ultra* en cours d'acquisition. Marathonienne et championne de France Junior 2013 du 10 000 mètres marche athlétique. Mordue d'histoires de sportif·ves.

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