Conseils pour bien gérer une blessure

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La gestion d’une vie de coureur à pied passe par une bonne écoute de soi. Et notamment des signaux douloureux envoyés par l’organisme. Apprendre à repérer l’imminence ou le déclenchement d’une blessure, savoir cesser la pratique du running et respecter le temps de convalescence nécessaire : autant de paramètres qu’il convient de maîtriser…

 

Apprendre à écouter son corps

Facile à dire ou écrire. Mais compliqué à observer et respecter au quotidien. L’écoute de son corps doit évidemment se concentrer – pour les coureurs à pied – sur les zones directement impactées par les contraintes inhérentes à la pratique du running : les membres inférieurs, les hanches, le bassin et le dos. Avec ce préalable qui ne doit souffrir aucune exception : ne jamais courir en ressentant une douleur prolongée et diffuse – particulièrement lorsqu’elle se manifeste en cours de séance, c’est-à-dire au terme de la phase d’échauffement.

L’écoute de son corps doit aussi prendre en compte les épisodes de fatigue ou de stress. Si le volume ou la qualité du sommeil sont insuffisants, les risques de blessures augmentent. Mieux vaut alors biffer une ou plusieurs sorties (ou préférer des efforts en piscine ou sur vélo). Idem évidemment en cas de maladie. On ne court jamais en ayant de la fièvre !

 

Savoir consulter rapidement

Il est important, au fil des années de pratique sportive, d’apprendre à reconnaître les petits bobos des douleurs plus alarmantes pouvant signaler les prémices d’une blessure. Une gêne musculaire (du type courbature) qui suit les séances longues et/ou intenses est sans gravité. Une douleur tendineuse (particulièrement à froid, au réveil) est en revanche à prendre en considération (idem pour des douleurs de tous types qui apparaissent à l’effort).

N’attendez pas pour consulter si vous avez le moindre doute sur la nature d’une douleur. Votre généraliste peut vous conseiller et vous aiguiller vers un spécialiste en traumatologie du sport et/ou demander des examens de type échographie ou IRM.

Un kiné exclusivement spécialisé dans les pathologies du sportif peut et doit devenir votre sentinelle en même temps que votre ange gardien. Il est important de s’entretenir avec lui régulièrement pour contrôler que vous êtes réellement apte à la pratique du running en toute sérénité.

 

Conserver à l’esprit :

- Cessez la pratique sportive dès lors que vous ressentez une gêne – quelle qu’elle soit – durant plus de 72 h.
- Ne courez jamais en ayant mal ! Il faut certes accepter qu’une séance se révèle difficile mais pas au point d’engendrer une douleur localisée.

 

Accepter d’être blessé

La période menant à la guérison d’une blessure peut parfois prendre plusieurs mois. Et il n’est pas rare que le coureur privé de sa dépense énergétique – autant que du simple plaisir pris à courir ! – passe par des états émotionnels allant de la colère au découragement, du désir de rébellion à la mélancolie.

 

Deux conseils pour mieux traverser l’épreuve de la blessure :

- Déculpabiliser. Peut-être avez-vous exagéré l’augmentation du volume d’entraînement – sans respecter de paliers. Peut-être avez-vous ignoré les signaux que vous envoyait votre corps. Mais le sentiment de culpabilité n’aide pas à guérir plus vite.

- Ne pas se sentir trahi par son corps. C’est un sentiment classique chez le coureur blessé. Il en veut à la zone qui fait souffrir et interdit la pratique du running. Votre genou, votre Achille ou votre aponévrose ne sont pour rien dans votre blessure. Profitez de la période de blessure pour faire vraiment la paix avec votre corps.

 

Prendre le temps de revenir…

Ne bâclez pas la fin de votre convalescence pour le seul plaisir de vérifier que vous savez toujours courir ! Il est important de suivre les recommandations de votre médecin ou de votre kiné. Tant au niveau du calendrier de la reprise que de la nécessité de faire preuve d’une certaine prudence.

En effet, votre corps a besoin de retrouver des repères. Au niveau cardiovasculaire (si la coupure a été longue) mais aussi musculaire et tendineux. Et cela va au-delà de la zone qui a été lésée. Si vous couriez 50 km par semaine avant votre blessure, il est évidemment hors de question d’envisager un tel kilométrage avant plusieurs semaines de « remise en route ». Badr El Hariri, kiné du sport à Paris, insiste : « La notion de progression de la charge lors de la reprise est primordiale. Elle dictera la durée de la phase de reprise pour la freiner mais également parfois pour l’accélérer. Il est important de valider chaque étape sans gêne, ni douleurs. »

Restez – on en revient toujours là – à l’écoute de votre corps. Au-delà de tous les conseils qui peuvent vous être donnés, c’est à vous de savoir précisément comment vous vous sentez à l’effort. Le jour arrive toujours où le plaisir de courir revient. Intact. Ce jour-là, jurez-vous de faire preuve d’enthousiasme mais d’une certaine prudence dans la gestion de votre entraînement.

 

La blessure n’est certes pas une fatalité ! Nombreux sont les coureurs à pied qui enchaînent les années de pratique du running sans le moindre bobo. Probable cependant que vous passiez un jour entre les mains d’un kiné du sport, d’un podologue ou d’un médecin spécialisé dans la traumatologie sportive si votre kilométrage hebdomadaire excède régulièrement les 50 km et que vous participez à des épreuves chronométrées. 

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Commentaires

Dur de luter contre la culpabilité et la colère ... Après un arrêt de la cap pour déménager et emménager, je décide de reprendre et bim, accident de moto et arrachements osseux (plâtre puis chevillère). La reprise ne sera pas avant mi janvier et je crise... Bientôt ce sera la phase d'acceptation car j'aurais le droit au vélo et à la piscine.


bonjour votre article est très bien expliqué.Et les 3 première lignes du paragraphe "Accepter la blessure" sont vraies en gros on pète un plomb.Moi en ce moment j'ai une inflammation du tendon derrière le genoux,pendant un semi marathon,j'ai pas écouté mon corps ,résultat sa fait 1 mois que je cour plus. C'est rageant.


Je suis du même avis, après plusieurs blessures du à des surcharges d'entrainements, et de mauvaises conditions de récupération, j'ai fini par accepter le temps nécessaire à la guérison. Et en général si la blessure le permet je passe en mode VTT ou vélo de route en attendant.


Je confirme, pour l'avoir vécu, que les mots clés à retenir sont :

- Ecoute de son corps

- Réussir mentalement à accepter la blessure

- se donner le tps de repos nécessaire à la guerison, même si moralement ce n'est pas évident. Mais ce tps de repos "forcé" est indispenssable pour mieux reprendre (en douceur). Ce n'est pas du tps perdu. Le corps n'est pas une machine, où quand il y a une panne on a juste à changer la pièce cassée par une neuve. Le corp a besoin de tps pour soigner ses douleures et ses blessures.


Ecoute de son corps, acceptation d'un arrêt du sport plus ou moins long, pas de culpabilité, patience, et votre corps retrouvera la FORME en douceur bien sûr.


Bonjour,

Je suis d'accord avec ce résumé concernant les blessures.

Je cour depuis 20 ans et jamais de grosse blessure.

Mais cette année c'est la galère lumbago tendinites.

Donc je me suis mis a la natation pour éviter de perdre la condition.

Essayer vous serai surpris comme c'est difficile mais efficace !


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