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2 FEMMES, 2 HISTOIRES... 2 FOIS PLUS D'ENVIE D'ALLER COURIR !

Vous riez au nez des héro·ïnes de films hollywoodiens ? “Comme si tout mener de front était possible dans la vraie vie... ”. C’est ce que l’on va voir !   Pas le temps, pas assez fort·e, ni assez rapide, “et puis, de toute façon, je ne serai jamais un·e grand·e champion·ne !”. Telles sont les excuses qui vous empêchent de partir à la conquête de vous-même. Leur principale motivation ? La peur, la trouille, les chocottes… De ne pas y arriver. Vous pensez peut-être, “ les autres ont des prédispositions, un talent, que je n’ai pas. Pourquoi parviendrai-je à m’entraîner comme je l’entends alors que je travaille toute la journée ? Je ne suis pas un·e athlète professionnel·le ! ”. Certes. Elles non plus. Elles s'appellent Camille et Anaïs. L’une est jeune maman, l’autre n’a fait qu’une bouchée de la maladie. Vous ne les connaissez peut-être pas (encore), mais elles ont accepté de vous ouvrir leurs cœurs, de vous partager leurs histoires. Prenez garde, car c’est une forte dose d’inspiration que vous vous apprêtez à recevoir, là, maintenant, tout de suite. Juste ici. Lisez, et vous verrez. 

POURQUOI ÉCRIRE SUR LES FEMMES ?

Le sport au féminin mérite toute notre attention, au même titre que le sport au masculin. Pour autant, ce coup de projecteur sur ce qu’implique la pratique du sport quand on est une femme, nous semble important. On pense, bien sûr, aux fameuses menstruations qui ne sont pas toujours agréables à vivre, surtout en course (ça sent le vécu, oui). Mais aussi à la reprise de la course à pied après une grossesse, ou après (et pendant, vous allez comprendre) un cancer du sein. Bref, conjuguer un amour pour le sport avec une carrière professionnelle, et une vie personnelle bien chargée, c’est tout un art.

Alors, n’êtes-vous pas curieux·se de connaître les ressources insoupçonnées des femmes ?

CAMILLE, OU L'ART DE S'ENTRAÎNER (ET DE GAGNER, ACCESSOIREMENT), AVEC UN BÉBÉ

camilletrail

Camille, c’est la femme vers qui tous les regards se portent à l’arrivée. Triomphante, déjà douchée depuis belle lurette, plus fraîche qu’une fleur sauvage jamais cueillie, un joli bébé-sourire dans les bras. Tout le monde s’interroge, "est-ce que c’est le sien ? Mais il est tout petit ! Comment fait-elle ? ”. Dites adieu aux spéculations de Jocelyne, la bénévole du ravito d’arrivée. Camille vous dit tout. 

● S’entraîner avec un bébé… C’est possible (mais c'est sport) !

Le repos ? Camille ne connaît pas. À 28 ans, l’opératrice composite travaille en 2x8. Des journées qui débutent à 5 heures, ou s’achèvent à 21 heures 15, voilà de quoi est fait son quotidien… Mouvementé. “ Jordan, mon conjoint, a aussi des horaires particuliers, et même si cela représente énormément de fatigue, nous avons la chance de pouvoir nous organiser pour nous entraîner et passer du temps avec notre petit loulou ”. Le petit loulou, c’est Eimeo, assurément la relève de la famille. Du moins, du haut de ses 3 ans, il en a l’étoffe. Il faut dire qu’à toutes les courses auxquelles ses parents participent, Eimeo franchit la ligne d’arrivée dans leurs bras, en vainqueur. Et si papa et maman prennent le même départ, c’est le doublé qui l’attend !

Même si la gagne semble tout naturel au sein du clan Thiré-Monnier, avant de lever les bras, il faut d’abord s’entraîner… Avec un bébé. Et c’est en investissant dans un tapis de course que le couple a trouvé sa recette miracle. “ Avec un bébé, on a tout de suite compris qu’il allait être beaucoup plus compliqué de courir ensemble. Avec notre tapis de course, nous avons la possibilité d’alterner : pendant que l’un s’entraîne dehors, l’autre court à la maison, et notre loulou joue dans son parc à côté, ou fait la sieste. C’est un outil hyper pratique qu’on ne regrette absolument pas, même si le paysage ne passe pas ! Pour rendre la séance plus digeste, on met la musique à fond ou on regarde des séries ”. En plus de forger un mental d’acier aux parents, il paraît que le tapis de course, enfin, le bruit blanc qu’il dégage, est une excellente berceuse pour bébé !

● Commencer le trail deux mois après avoir accouché ? Même pas peur !

Vous ne croyiez tout de même pas que Camille était une traileuse de longue date ? Non, ça serait bien trop facile. À Madinina, la jeune femme commence la course sur route et honore ses grands classiques : 10 kilomètres (37’29”), et semi-marathon (1h23’59”). Si elle s’entraîne sur la Presqu’île de la Caravelle et sa caillasse, le trail en compétition ne lui vient pas à l’idée. En métropole, elle fraternise encore avec le bitume, avant de dire stop, “ j’en avais ras-le-bol des chronos ”. Ce sentiment de trop-plein revêt même des allures de retraite pendant sa grossesse. “ C’est tellement dur de retrouver son niveau et sa vitesse… Je n’ai pas voulu prendre ce risque. Alors j’ai décidé qu’après mon accouchement, j’allais me mettre au trail. Je savais que le long m’avait toujours bien réussi ”. Mais, ce à quoi Camille n’a pas songé en fuyant la vitesse, effrayée par son propre échec, c’est qu’elle allait à la rencontre de son talent. C’est ainsi que, ne se doutant pas le moins du monde de toutes les belles choses qui l’attendaient, elle reprit le chemin de l’entraînement seulement deux mois après son accouchement, accélérant sa rééducation abdominale et celle du périnée avec sa sage-femme (à ne reproduire à la maison que sous avis médical favorable). “ J’étais stressée, en tant que compétitrice, on a peur de la perte de niveau. La course fait partie de nous, et il y a également ce besoin de se sentir bien dans son corps… Je voulais m’y remettre rapidement, me donner des objectifs pour avancer ”. Son come-back, la jeune maman l’effectue sur le Trail de Mauves en Vert®. Elle y découvre que, le trail, ce n’est pas une promenade de santé, conjuguant (au passage) parfaitement son passé de routarde et ses aptitudes de dure au mal. Comment je le sais ? J’en ai fait les frais. Ce jour-là, Camille m’a reléguée à perpète, comme on dit chez nous. Mais ne m’en voulez pas, nous n’allons pas nous attarder sur cet épisode.

Bref, quand on lui pose la fameuse question stéréotypée, alias si-l’envie-d’un-petit-deuxième-ne-se-ferait-pas-ressentir-par-hasard-?, elle répond cash, et ça fait du bien. “ Je sais ce que reprendre le sport après une seconde grossesse implique, et ce qui m’attend. On ne repart pas de zéro, certes, car le corps a de la mémoire… Mais on reprend de très très bas. C’est égoïste de dire ça... ”. Les yeux rivés sur le sol, presque honteuse : le dilemme de la maman sportive, classique, et dans toute sa splendeur. Mais dans l’expression maman sportive, il y a le mot maman, ET aussi le mot sportive. Induisant la possibilité d’un mariage entre deux passions qui font d’une femme, une femme équilibrée et heureuse.

● Le regard de Camille sur son statut de femme dans le milieu du trail, majoritairement masculin

“Parfois, dans le comportement de certains hommes, on peut voir que cela les touche un peu d’être doublés par une femme. Par exemple, lors d’un trail, l’autre jour, j’ai mis plusieurs kilomètres pour revenir sur un garçon. Lorsque je l’ai doublé, il a accéléré car ça l’embêtait certainement que la première femme finisse devant lui. Mais bon, ça nous permet de progresser tous les deux ! Et puis, au contraire, il y a beaucoup plus d’hommes qui viennent se fixer sur mon rythme. Ils me disent que je suis hyper régulière, et que le fait que je mène l’allure les aide. À l’arrivée, on se tape dans la main et on se remercie mutuellement ! ”. Cela confirme bien ce que l’on pensait… La guerre des sexes n’a jamais vraiment eu lieu. Au fond, tout n’est qu’une histoire d’ego. Ce qui est bien avec le trail, c’est que l'ego fait progresser tout autant qu’il permet de se faire des copain·es, et ça, Camille l’a bien compris.

ANAÏS, OU L'ART D'EXCELLER DANS LA COURSE À PIED TOUT EN RATATINANT UN CANCER DU SEIN

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Sur Anaïs aussi, les yeux se posent et ne se détournent pas. Les crocs acérés derrière un sourire qui ne la quitte pas, la jeune femme est une battante, une guerrière, Wonder Woman personnifiée. Des baskets ont remplacé ses cuissardes, et prenez garde, car avec elles, c'est un derrière tenace qu'elle a botté. Jocelyne, la bénévole du ravito d'arrivée, vous a peut-être parlé d'elle, de ses exploits. Mais tout ce que les commérages vous diront ne pourra jamais égaler ce qu'Anaïs va vous raconter maintenant : son histoire, son combat, sa victoire. 

● “ Je sais ce que je veux ”

Pour effectuer la balance avec la course à pied, sport auquel elle se donne corps et âme chaque jour, c’est un métier à la hauteur de son énergie débordante que la jeune femme de 28 ans devait choisir : aide-soignante aux urgences de nuit. Sa journée commence quand la vôtre finie, à 19 heures, et se termine lorsque votre réveil retentit, à 7 heures. Ensuite, il y une nuit écourtée, jusqu’à 14 heures “ maximum ”, car il y a tant encore à faire. De 15 à 17 heures, c’est course à pied et, à peine l’entraînement achevé, il est déjà l’heure de repartir travailler. Ah, nous allions presque oublier de mentionner le fait qu’elle se rend aussi au travail à vélo, 10 kilomètres le matin et le même nombre le soir. “ C’est un rythme à prendre, ce n’est pas toujours facile de se motiver pour sortir du lit… Mais je sais ce que je veux ”. 

Ce qu’Anaïs veut ? Ne pas choisir. Elle partage son temps entre bitume et chemins, même si, des deux, son cœur penche plutôt vers le premier. “ Le trail me sert plus à préparer mes objectifs sur route, et à kiffer ! Bon, ce n’est pas du pur trail avec du dénivelé de dingue, mais pour moi qui ne lève pas les jambes, c’est déjà costaud ! (rires) ”. Une routarde qui ne lève pas les jambes et qui affiche des références à faire pâlir tous·tes coureur·euses : 35’55” au 10 kilomètres, 1h18’43” au semi-marathon, et 2h47’53” lors de l'édition 2019 du Marathon de Paris® où elle termine troisième Française… Ça court vite, comme on dit, et depuis longtemps ! “ J’ai commencé à l’âge de 7 ans. Je sais qu’il y a une part de génétique dans cette passion puisque mes deux grand-pères étaient marathoniens. Mon papa a lui aussi couru toute sa vie, il a un record en 31 minutes au 10 kilomètres ”. Ce papa champion dont elle est si fière porte désormais la casquette d’entraîneur. Tous les deux, ils préparent un challenge de taille : le Championnat de France de 100 kilomètres (route), sur lequel elle avait fini deuxième en 2018 pour son premier essai sur cette distance, et en sortant d'une opération. “ Il va me suivre à vélo*, tout comme il en a l’habitude à l’entraînement. Il aime me voir courir, et j’aime qu’il soit là. Ensemble, on sait rendre le chemin vers cet objectif agréable ”. Et l’objectif est de taille… Le duo père-fille vise les 8 heures, de quoi décrocher un billet d’entrée pour le Championnat du Monde de 100 kilomètres, en 2020. “ Je veux aller chercher mes limites. Je donnerai tout ce que j’ai, c’est logique, car je fais ce que j’aime… Si le chrono ne tombe pas à cette course, il arrivera plus tard. Je ne vais quand même pas m’effondrer pour une course ! ”. Une optimiste, pensez-vous ? Vous n’avez pas encore vu le grand sourire ravageur (pour ne pas dire, exterminateur) qu’elle a offert à Joe l’incruste...

 

*Lors du Championnat de France de 100 kilomètres, chaque athlète a le droit d’être accompagné par un vélo suiveur et porteur d’eau. 

● Le grand sourire à Joe l’incruste (et le coup de poing crocheté)

Joe l’incruste, vous connaissez ? C’est ce mec qui s’invite là où il n’est pas attendu, et surtout là où sa présence n’est pas souhaitée. Dans le cas d’Anaïs, Joe l’incruste s’est manifesté sous une forme féroce, un cancer du sein. “ Il a été diagnostiqué quand j’avais 24 ans. Personne n’y croyait, tout le monde me disait que ce n’était pas possible, pas en étant aussi jeune… Mon corps aussi niait, à chaque bilan sanguin, tout allait bien, mais il y avait cette boule au sein... ”. Une échographie et une ponction plus tard, le verdict tombe :  “ un cancer hyper agressif ”. S'ensuivent 8 mois de chimiothérapie, 2 mois de radiothérapie, une mastectomie (l’ablation d’un sein), et une découverte dont elle se serait bien passée. “ On a compris que c’était génétique. Il a fallu retirer mon deuxième sein, car le risque de récidive était trop élevé ”. Pendant 2 ans, Anaïs mène une seconde guerre et de multiples batailles, en enchaînant les tentatives de reconstruction mammaire. Pour citer les médecins, “ on ne va quand même pas vous laisser sortir sans poitrine à votre âge, ça serait dommage ”. Mais le corps de la jeune femme n’en veut pas, et après 6 rejets (et autant d'opérations pour faire et défaire), Anaïs décide de respecter sa volonté. “ En avril, j’ai retiré mes deux prothèses, et je revis ! Je peux dormir sur le ventre, quoi ! ”, rit-elle. Si l’éternelle optimiste va directement à l’essentiel et porte l’accent sur les bons moments, le combat qu’elle a mené pendant cinq ans contre Joe fut rude. Heureusement, elle a pu s’appuyer sur sa détermination x1000, ses proches, et son sport de cœur. “ La course à pied a vraiment été mon moteur. J’ai tout vécu grâce à ce sport. Tout ce que je faisais, je le comparais à une compétition, kilomètre par kilomètre. Avec mes potes, on identifiait l’après-chimio au mur du marathon : c’est dur… Mais c’est bientôt l’arrivée ! ”. Alors, pendant les traitements, elle court, et après les opérations, elle bouillonne et trépigne d'impatience. " Quand on me disait que je pouvais courir après 10 jours de convalescence, vous pouviez être certain·es que le dixième jour au matin, j'avais déjà enfilé mes baskets. J'étais comme ces personnes qu'on voit dans les films, celles qui cochent les jours sur un calendrier ". Prisonnière pour son bien, jamais par perte d'espoir, Anaïs n’a pas une seule seconde imaginé faire une petite place à ce corps étranger qui siégeait en elle. " J'ai toujours pensé que j'allais en sortir plus forte. La maladie permet de relativiser sur beaucoup de choses. Aujourd'hui, je suis là, et j'en suis fière. Quand je souffre en course ou à l'entraînement, je me dis que je ne peux pas me permettre de baisser les bras à 2 kilomètres de l'arrivée. J'ai vécu beaucoup plus dur qu'une simple douleur éphémère ". La raclée, elle lui a filé à ce fichu Joe l'incruste. Il ne l'a pas définie, il n’a pas gagné la guerre. " Je trouvais du positif dans tout ce que je pouvais vivre. Le lendemain des opérations, je sortais de mon lit en mode vers de terre, je me faisais violence, je pensais : " personne ne viendra me laver les fesses ! " (rires). Quand l'infirmière arrivait, j'étais douchée, mon lit était fait ". Anaïs s’est toujours sentie exister, avant, pendant, et après l’épisode Joe. Aujourd'hui, cela fait 6 mois que son oncologue lui a dit qu'elle était en rémission complète. 

● Le regard d’Anaïs sur son statut de femme dans le milieu du trail, majoritairement masculin

" Je ne m’entraîne qu’avec des garçons, et je n'ai pas l'impression qu'ils fassent une différence. Avant les séances, ils lancent d'ailleurs régulièrement un " allez les gars ! ", moi inclue. Ils disent que je suis un bonhomme, comme eux, et c’est vrai : on fait tout ensemble ! 

Pourtant, parfois, on me dit maladroitement que je cours bien, " pour une fille ". Mais non ! Je cours bien tout court. Pour moi, il est hyper important de mettre en avant le fait que les femmes puissent faire aussi bien, voire mieux, que les hommes. On est là pour se pousser et se motiver les uns les autres ! ".

Une occasion de rappeler que la véritable compétition a lieu contre soi-même, pour soi-même, et pas contre ou pour les autres, filles ou garçons.

Vous êtes “ sur le baba ”, comme on dit ? Vous avez le sentiment que Camille et Anaïs sont des sur-hommes que vous ne pourrez jamais égaler ? Détrompez-vous. Nous ne vous parlons pas d'elles histoire de vous mettre face à ce que vous ne serez jamais, car vous ne serez jamais elles, c'est vrai. Et elles ne seront jamais vous. Elles aussi ont des failles, des faiblesses, et des peurs. Elles se sont simplement servies de leur amour pour la course à pied, le trail, le goût de l’effort et du dépassement de soi, comme un moteur dans leurs vies, un tremplin leur permettant d'être qui elles sont, et les femmes qu’elle voulaient être. Alors si elles ont su le faire, pourquoi pas vous ?   Voyez grand, au moins aussi loin que votre imagination et vos rêves vous portent. Accomplissez-vous, foncez, courez !
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Manon

Fille, sœur, et compagne de cyclistes. Traileuse* élevée en plein air, à l'école du sport. Particule ultra* en cours d'acquisition. Marathonienne et championne de France Junior 2013 du 10 000 mètres marche athlétique. Mordue d'histoires de sportif·ves.

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