5 CONSEILS POUR (ENFIN) APPRÉCIER LA TRÊVE HIVERNALE À SA JUSTE VALEUR !

5 conseils pour apprécier la trêve hivernale

ON LE CONNAÎT TOUS·TES. “IL FAIT FROID, IL PLEUT, J’AI PAS ENVIE”, CES MOTS SONT VRAIS PARCE QUE VOUS LES PENSEZ. MAIS VOUS ÊTES-VOUS SEULEMENT DONNÉ UNE CHANCE DE LES CONTREDIRE ? “IL FAIT FROID, IL PLEUT, J’AI PAS ENVIE”, ET SI ON VOYAIT PLUTÔT LES BONS CÔTÉS DE LA TRÊVE HIVERNALE AU LIEU DE RONCHONNER ?

1. CRÉER LE MANQUE POUR MIEUX SAVOIR LE COMBLER

Replongez-vous un peu en arrière (enfin, plus ou moins). Sur les bancs de l’école, vous avez chaud et ne rêvez que de vous baigner et manger des glaces. Les vacances d’été arrivent. Enfin. Vous n’en pouviez plus d’attendre. Seulement, après un mois de liberté totale à jouer dehors avec les voisins jusqu’à 21 heures (#rebelle), vous réalisez que votre routine écolière vous manquerait presque. Alors, après deux mois, vous êtes excité·e comme une puce à l’idée de retrouver vos camarades, des cahiers tout neufs, et plus déterminé·e que jamais à devenir premier·ère de la classe (c’est l’intention qui compte). C’est bon, cette sensation vous revient ?

Et bien, la trêve hivernale est aux traileur·euses, ce que les vacances d’été sont aux écolier·ères. C’est TOUT pareil. En octobre, alors que les courses commencent à se faire rares, une partie de vous peut enfin souffler. Plus d’objectifs à honorer d’ici la fin de l’année, OUF ! Il faut dire que la saison est longue, quasiment 9 mois, et entre la famille, les ami·es, le travail, et le trail, votre repos est bien mérité ! Après 3 semaines de coupure, vous reprenez les footings histoire de vous donner bonne conscience, et puis aussi parce que vous êtes complètement addict (mais ça, il ne faut pas le dire). Les fêtes de fin d’année sont là, pour le plus grand bonheur de vos papilles. Vous vous en donnez à cœur joie. Toute cette nourriture vous rappelle les ravitos en course. Tiens, c’est que vous seriez presque nostalgique. Vous vous entraînez toujours, mais les courses vous semblent si loin... Janvier arrive, avec ses galettes frangipane, chocolat, et fruits confits, et vous, vous commencez à sérieusement douter de votre silhouette. En plus, vous n’avez jamais eu la fève (#trucage #complot). L’heure de reprendre les sorties longues a sonné avec février, et vous n’êtes plus franchement motivé·e. La trêve hivernale, ça va bien deux secondes ! À tel point que vous avez l’impression que la personne que vous étiez en octobre dernier n’est plus qu’un vague souvenir. Pourtant, vous avez faim de courses, mais pas d’entraînements. “Il fait froid, il pleut, j’ai pas envie”. “En plus, je suis nul·le”. S’il vous plaît, arrêtez de comparer vos performances actuelles à l’entraînement avec celles que vous réalisiez avant votre trêve hivernale. Pourquoi ? Parce qu’elles ne sont pas comparables, voyons ! Vous venez de passer 4 mois sans vous aligner sur une seule course, il est normal que vous n’ayez pas encore atteint votre forme athlétique. Et puis, au fond, c’est EXACTEMENT à cela que sert la trêve hivernale : à recharger vos batteries, à créer le manque de la course et à vous en servir pour aller vous entraîner. C’est bon ? L’envie vous est-elle revenue (aussi vite qu’elle était partie) ?

Prenez toutefois garde à ne pas vous laisser déborder par l’envie. Le surentraînement et les surinscriptions aux courses de début d’année sont les vilains défauts des traileur·euses. Les vôtres. Ne vous goinfrez pas, la saison est longue, vous aurez tout le temps de vous régaler. Gardez de la place pour le dessert, c’est primordial, et en plus, vous savez comment faire : vous l’avez fait tout l’hiver.

2. APPRENDRE À VOUS FAMILIARISER AVEC LES CONDITIONS DE COURSE...

“Oh la vache, c’était collant !”, “une vraie patinoire !”, “regarde comme je suis propre !”.

On vous entend d’ici vous étonner du terrain de trail sur lequel vous venez de courir. Ce qui est quand même un comble pour une personne qui est censée connaître un tant soit peu la nature, vous ne trouvez pas ? Oui, parce que si vous aviez mis le nez dehors avant le départ de votre premier trail de l’année, vous auriez su que le sol était détrempé, boueux, et glissant. Mais après, nous, on dit ça comme ça : sans offense !

Effectivement, au-delà du fait qu’il est bon de préparer une course convenablement pour être fier·ère de soi à l'arrivée, courir dehors permet (accessoirement) d’appréhender la nature en ce début d’année. C’est qu’elle a vachement changé pendant votre hibernation (#joke) ! Rappelez-vous comme vous l’aimiez avant votre trêve hivernale annuelle, vous preniez un malin plaisir à la parcourir, à la découvrir, elle n’avait plus aucun secret pour vous. Certes, le choc fut rude lorsque vous l’avez découverte métamorphosée, mais pourquoi en serait-elle pour autant moins intéressante ? La pluie, le froid, la boue, le gel, ne sont que des symptômes de la bonne santé de notre planète à cette période de l’année, autant s’en réjouir ! On ne vous dit pas d’aimer plus que tout courir sous un déluge, ni de vous découvrir une passion naissante pour les glissades dans la boue, non. On vous dit seulement que cet état dans lequel se trouve la nature est passager, et que même si elle n’est pas ici à son plus bel avantage (du moins, à votre goût), elle vous offrira toujours la possibilité de vous préparer au mieux à vos objectifs. Le tout est de vouloir l’explorer, et d’accepter de le faire dans ces conditions. Et puis, vous l’avez peut-être déjà expérimenté, mais une fois dehors : TOUT VA BIEN. “En fait, c’était pas si terrible que ça en avait l’air par la fenêtre de ma cuisine !”. Partez courir entre ami·es, collègues, en famille, ou partenaires d’entraînement, vous verrez que vous réfléchirez beaucoup moins avant de sortir… Ah, le pouvoir du collectif sur la pensée négative, c’est fou quand même !

3. ...ET AVEC VOUS-MÊME

S’il y a bien une règle d’or à suivre en trail, c’est d’apprendre à vous supporter et vous respecter vous-même… Sinon, vous êtes mal barré ! 

Un dimanche matin de février, 9 heures. Vous évitez la première flaque d’eau avec brio, non sans mal. Mais garder vos pieds au sec, ça n’a pas de prix. La deuxième flaque d’eau ? C’est une autre histoire, vous ne souhaitez pas en parler. Vous vous faufilez ensuite dans un sentier, des branches mouillées viennent s’écraser contre votre figure, des gouttes d’eau se faufilent dans votre cou. On n’écrira pas le doux nom d’oiseau que vous avez prononcé à ce moment-là. Quelques mètres plus loin, des épines agrippent et retiennent le tour de cou que vous aviez enroulé autour de vos oreilles. Vous prenez sur vous pour rester calme. Plusieurs kilomètres s’écoulent sans pépin, vous pensez, “c’est bon, je suis hyper bien là”, et puis vous vous imaginez gambader à grandes foulées, telle une gazelle. Le tout sur le rythme de Don’t You, de Simple Minds. Et oui, on connaît vos classiques. BAM ! Enfin, écrivez-le comme vous le voudrez. Vous venez de vous prendre les pieds dans une racine. Vous glissez sur le ventre sur quelques mètres, et mieux qu’une pierre de curling, s’il vous plaît. Mais dans la boue. Prenons la télécommande et faisons une pause (mémorable) sur votre visage moucheté et grimaçant à cet instant précis. 

 

3 scénarii possibles s’offrent à vous pour la suite du film :

 

1) Pleurer et rentrer en marchant.

2) Pester et rentrer en marchant.

3) Pester/Pleurer/Rigoler, et continuer en courant.

 

Sachant que : 

 

a) Votre trêve hivernale n’a pas encore pris fin.

b) Vous trouvez cette dernière horriblement longue.

c) Vous êtes parvenu·e à vous motiver pour aller vous entraîner, malgré la pluie fine et le sol labouré par deux mois d’averses intensives.

 

Il serait raisonnable de penser que vous allez choisir l’option 1 ou 2. Mais ça serait mal vous connaître. Vous êtes beaucoup plus fort·e qu’un peu (beaucoup) de boue sur le devant de votre corps. Vous êtes capable de relativiser en vous disant que cela se nettoie, que ce n’est pas si grave. Vous avez un mental aguerri par tout un hiver à affronter le froid, la boue, la pluie. Et puis surtout, et vous ne le savez pas encore, mais lorsque cette situation se reproduira en course, vous trouverez cela tellement insignifiant, risible, normal, que vous vous relèverez mine de rien... Avant d’entendre le petit peloton qui était dans vos pas faire de même !

4. EN PROFITER POUR DÉCOUVRIR... AUTRE CHOSE

Le trail, c’est votre dada, on n’y touche pas. D’ailleurs, personne ne remet en cause votre amour pour ce sport (le plus beau du monde, en toute objectivité). Aussi, lorsqu’on vous parle d’entraînement croisé, ou d-alternatives-au-trail-quand-la-motivation-n’est-plus-là-pendant-la-trêve-hivernale-ou-à-un-autre-moment, on vous demandera de ne pas lever les yeux au ciel, jeunes gens ! Voilà pourquoi nous n’avons pas intitulé ce paragraphe “En profiter pour découvrir d’autres sports”, on avait trop peur que vous fassiez l’impasse dessus. Et il aurait été dommage que vous ratiez ce qui suit. 

La probabilité qu’on ne vous ait jamais suggéré de faire du vélo est quasiment nulle. Le vélo, ou le VTT, c’est le parfait complément au trail quand il s’agit de faire des bornes, ou quand un besoin de changement se fait ressentir. En effet, imaginez être en plein week-end choc*, dans le cadre de la préparation du trail ultra de vos rêves (vous avez bien un petit chouchou, non ?). Vous avez couru 4 heures le samedi, vous avez mal aux gambettes, vous avez le droit, et on vous comprend. Votre entraînement du dimanche consistera donc à effectuer une sortie vélo ou VTT de 4 ou 5 heures. Cela permet de varier les muscles sollicités tout en effectuant des kilomètres et des heures d’entraînement ! Et n’oubliez pas, même si ce sport (qui n’est pas le vôtre et qui ne le remplacera jamais) est loin d’être facile, c’est grâce à lui que vous pourrez vous forger des quadriceps dignes des plus grands cyclistes ! 

Autre belle découverte à faire : la natation. Ce sport dit “porté”, autrement dit “sans impacts”, est idéal pour les traileur·euses qui, comme vous, souhaitent remplacer une sortie trail par autre chose, surtout lorsqu’il fait nuit en sortant du travail. La natation peut même faire office de récupération active le lendemain d’une course. En prime, et si vous avez été sage, vous aurez le droit de piquer une tête dans le jacuzzi !

Enfin, on souhaitait VRAIMENT vous parler du yoga. Gardez votre excuse fétiche, “le yoga ce n’est pas pour moi, je ne suis pas assez souple, ni assez calme”. On ne nous la fait pas, à nous. Alors, on va compter jusqu’à 3 et tous vos préjugés se seront envolés : 1, 2, 3 ! Parfait. Maintenant que nous avons toute votre attention, nous voulons vous dire que le yoga n’est pas FAIT pour les personnes souples, mais il permet, entre autres, de vous assouplir. Le yoga n’est pas FAIT pour les personnes calmes, mais il permet, entre autres, de vous calmer. La clé du yoga, c’est la respiration. Et ça tombe bien, car en trail et dans la vie, respirer, c’est super important… Surtout lorsque la trêve hivernale vous monte à la tête !

 

 

~*Un week-end choc consiste à effectuer un grand nombre d’heures d’entraînement sur une période réduite (en l'occurrence, un week-end, d’où son nom, #logique), afin de vous rapprocher au plus près des conditions de la course préparée : temps d’effort, kilométrage, fatigue physique et mentale, etc.